126                       Les Spectacles de la Foire.
maîtreffes les plus jolies femmes. Cependant mon étonnement devroit ceffer en me rappelant le conte de Joconde et la folie des femmes de nos jours pour les magots et les linges. » Et plus
loin : «Après avoir fait connoître ce jeune comédien......qu'a-
jouterai-je encore? Peindrai-je fa fuffifance? Ce défaut, qu'il poffède au fuprême degré, eft fi généralement connu que ma pein­ture feroit inutile et déplacée. Arrêtons-nous feulement fur les bonnes fortunes de ce morveux : qui croiroit, en effet, que nos élégantes françoifes puiflent un moment s'arrêter à la chêtive apparence de Mayeur, et que cette Alphonfine, fi connue, fi re­nommée pour toujours vifer à l'effentiel, ait pu l'adorer pendant quinze jours au moins? J'ai, je crois, dit autrepart qu'Audinot en enragea, mais comment faire ?. Ce directeur verfoit de l'argent à pleines mains, et Mayeur difoit de jolies chofes. Excédée, fati­guée de l'exiftence éphémère d'Audinot, qui ne s'occupoit que de fés plaifirs fans fonger à en donner, la jeune Alphonfine aima mieux notre poupon. La raifon en eft fimple : Sophie (Foreft) n'avoit pas dédaigné de l'inftruire et l'avoit mis abfolument au
fait de toutes les reffources de l'art.....Comme comédien, affez
de vérité dans les niais; féconde dans ces emplois par dame Nature, il peut dire avec Euftache Pointu, à la ville comme au théâtre : « Je fuis affez dans le caractère de mes rôles. » Mais comme homme de lettres, quelle différence! Cet enfant a quelques difpofitions et fait les vers avec affez de facilité : Voici le garant de ce que j'avance :
. A Mademoiselle.....
Dois-je croire cc qu'on m'écrit ? Julie, efl-il bien vrai ? Quoi ! malgré mon abfcnce, La gaîté n'a ceffé d'animer ton cfprit ; Voilà quelle eft ma récompenfe ! Ah I Ies abfens ont tort ; je te l'avais bien dit. _ • •-. • „• Quoi I le jour d'un départ, paffer fon tems à rire
v......             Pas l'ombre même d'un chagrin I
"•■'•' "■ .. - '               Au moins n'aurois-je eu rien à dire